Pieds nus & sans fers
 

 

 

Propos sur le parage "naturel" de travail

Il est curieux de constater que de nombreuses planches anatomiques, tout comme les manuels officiels présentent le membre du cheval ferré.

Pour bien comprendre la structure du pied, je vous propose des coupes anatomiques, des radiographies et des photos.

Le pied d'un mustang : le PIED !

15 à 30 km quotidiens en tout terrain = un parage réellement naturel !

Il faut constater : un talon bas et une 3ème phalange parallèle à la sole elle même concave

Observant cette nature qui commande, en 1894, David Roberge écrit : "le pied du cheval : toutes les maladies des pieds conséquentes d'un pied déséquilibré traitées en équilibrant le pied."
L'idée d'organiser le parallélisme de la 3ème phalange n'est donc pas nouvelle !.

Le pied d'un cheval "commun"

Coupe anatomique et radio d'un pied de cheval paré selon 2 méthodes différentes

Puisque la splendide Anthologie de Jean François Gouraud, rassemble des textes de nombreux auteurs intitulée : "le cheval est une femme comme une autre" nous pouvons nous poser la question sous la forme d'un clin d'oeil malicieux :

Existe t'il un point commun entre le pied d'une femme en escarpin et le pied ferré d'un cheval ?

Bien que ce ne soit pas directement équivalent à un cheval car la vraie équivalence humaine serait de se déplacer sur le majeur. Une femme se déplaçant en talons aiguilles déporte son poids en avant, ses mollets sont contractés, ses ligaments tendus, ses gros orteils sont coincés dans la pointe des chaussures, elle est en déséquilibre permanent !

Un cheval avec des talons renforcés de talonnettes doit ressentir le même effet.

Quel point commun existe t'il entre le pied d'un cheval et une chaussure de sports remplie de gel ou d'air ?

La physiologie du pied de cheval suggère que le systèmes vasculaire fonctionne plus ou moins de la même façon que le liquide ou l'air contenu dans ce type de chaussures : il semblerait ainsi que le flux sanguin accomplisse également des buts autres que celui de fournir l'alimentation des tissus, il absorbe les chocs d'énergie reçus durant les déplacements. On a observé que les chevaux avec de bons pieds ont plus de vaisseaux sanguins dans le cartilage latéral de leurs sabots que ceux qui ont eu des problèmes de pied.

Alors le parage "naturel" de travail c'est quoi ?

Il essaie de reproduire ce que la nature met en oeuvre ! Le parage permet à la partie arrière comprenant la fourchette de recevoir les forces et le poids au moment de l'impact.

Il est important que le cheval atterrisse sur le talon en premier. L'absorption des chocs est meilleure et le petit os naviculaire (petit sésamoïde)ainsi que le système de poulie ne souffrent pas. L' alignement des phalanges est ainsi optimisé pendant la réception sur les talons.
C'est pourquoi nous parons afin d'abaisser les talons, obtenir une fourchette reposant sur le sol et faciliter le développement d'une pince assez courte avec une muraille verticalisée.

le mustang roll permet au pied de "rouler" plus aisément en pince et facilite le report de poids vers le centre du pied.

Cette technique encourage le développement des tissus qui absorbent plus d'énergie quand les sabots frappent la terre. La partie arrière du sabot se développe plus fibreuse et cartilagineuse protège mieux le pied. C'est toute la physiologie du pied qui est améliorée avec des conséquences sur son anatomie. Un exemple praticulier le pied-bot qui nécessite un travail de parage tout à fait spécifique.

Cependant, les capacités d'absorption de chocs et de "pompage" peuvent également être insuffisantes chez un cheval pieds nus, quand la forme du sabot est déformée.


Déferrer et après, les conséquences immédiates ?

Le sabot est ferré et/ou mal paré se déforme d'une manière ou de l'autre.

Une contraction quelconque à l'intérieur du pied ne permet pas le flux sanguin requis pour maintenir l'irrigation des tissus internes et leur bon état. Cela provoque un engourdissement de certaines régions et même la mort de certaines cellules.

Ces "maux" seront réduits en obligeant le cheval à se déplacer et à rester en mouvement. L' augmentation de la pression du flux sanguin et la revascularisation des zones facilitent l'élimination des toxines avec dans certains cas une augmentation, sans gravité, de la température du pied. Le cheval ressent des fourmillements inconnus que son cerveau interprète mal :
il doit avoir le sentiment de ne plus avoir de pieds à ne plus pouvoir se déplacer !

Pour avoir une idée de son ressenti, je prendrai l'analogie suivante :
les doigts gourds et gelés qui commencent à picoter lorsque la circulation se rétablit à la chaleur !

C'est pourquoi il est conseillé de le doucher longuement ou de lui faire prendre des bains de pieds; l'idéal serait un pédiluve ou la mare d'eau et...la rosée du matin.
La corne trouvera ainsi à compenser son déficit aqueux, cause de nombreux pieds secs et effondrés.

Si le dommage, conséquence de fers trop serrés, est de faible ampleur, la circulation sanguine sera suffisante pour éliminer les toxines. Toutefois, pour des situations plus sévères, elle sera insuffisante pour éliminer toutes les cellules mortes. L'organisme va former des abcès qui les collecteront pour permettre leur élimination. Si le cheval est gardé au boxe, l'évacuation complète de ces toxines est plus difficile; il est donc primordial d'obliger le cheval à se déplacer. Quelques jours en pâture sur des terrains variés, avec l'eau servie loin de la zone d'alimentation... voilà l'idéal !

Pieds nus et la période de transition

Le cheval devra passer par une période d'adaptation

  • le pied va changer de forme et s'élargir en talon
  • les structures internes vont se dilater
  • la corne ramollie, affaiblie par les trous des rivets va durcir et la muraille pousser plus verticalement
  • les articulations et les tendons doivent s'adapter car les appuis seront différents.

Cette période peut durer de quelques jours à plusieurs mois ; au début, le cheval peut éprouver de la gêne voire une réelle douleur. Il faudra un peu de patience avant qu'il ne puisse marcher confortablement sur terrain dur et caillouteux. Mais dans d'autres cas, la transition est réduite à quelques heures, ce qui fut le cas du comtois dont les pieds sont photographiés.

Certains points de vue "officiels" relatifs aux pieds devraient être révisés ou au moins réexaminés : un sabot correctement équilibré semble étrange à la majorité des pratiquants, car actuellement, avoir des talons hauts est une constante commune à bien des chevaux.

En conclusion provisoire !

L'approche conventionnelle des talons hauts a pour objectif affirmé d'atténuer l'effort sur le tendon profond du fléchisseur en réduisant la probabilité de rotation. En fait, le soulèvement du talon met inévitablement la base de l'appui en dehors et devant la colonne osseuse, soumet le tendon à une contrainte, rejette plus de poids sur la partie terminale de la phalange, au lieu de repartir les forces et le poids sur une plus large surface de celle-ci.
Par ailleurs, en 1984, la faculté médicale vétérinaire de l'université de Zurich, suite à une étude pour l'armée a prouvé qu'un sabot chaussé a pour conséquence de recevoir une force d'impact de 10 à 33 fois supérieure à celle d'un sabot nu .Les vibrations diffusées dans le sabot par la vibration du fer sont approximativement de 800 hertz, à comparer aux 150 hertz d' une chaussure en caoutchouc. A chacun d'en juger !

Sources:

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